De quelle bande passante ai-je besoin ?

MeneLa seconde grande question concernant l’adoption de technologies cloud est celle de la bande passante. Il est évident qu’entre la connexion par un réseau gigabit aux serveurs de l’entreprise et celle de quelques mégabits d’une connexion internet, il y a une différence de performance et potentiellement de coût.

Mais là encore, comme pour beaucoup d’autres sujets, tout est d’une part question d’infrastructure et d’autre part d’utilisation. Prenons quelques exemples pour illustrer mon propos.

Un seul établissement et des employés sédentaires.

Imaginons que votre organisation soit située en un unique endroit et que tous les employés y travaillent, sans jamais avoir à se déplacer. Le calcul est alors simple : est-il plus couteux d’avoir son centre de données localement ou de s’abonner à un cloud public en maintenant une connexion rapide ? Il suffit d’additionner les coûts d’acquisition et de maintenance des matériels et logiciels, et de les comparer avec ceux de locations de la bande passante nécessaires à l’exploitation des mêmes matériels et logiciels dans le cloud.

Alors, bien évidemment, il est toujours difficile de comparer deux modèles uniquement sur un aspect financier. S’il n’y a pas de solution directement comparable, leurs charges d’utilisation est comparable et c’est ce qui nous importe ici.

Un seul établissement et des employés mobiles.

Considérons maintenant que certains de vos employés soient mobiles. Par exemple, vos commerciaux, vos techniciens de maintenance ou vos consultants. Ces derniers doivent se connecter à votre centre de données pour avoir accès aux applications, comme la messagerie électronique, la gestion client ou le stock. Il va falloir mettre en place une connexion VPN, garantir que les applications fonctionnent dans un mode distant et avoir finalement deux modes de connexion : local et distant.

Si maintenant, l’ensemble des applications est dans un cloud public, que vous soyez en local ou à distance, vous vous y connecterez sans doute de la même façon, soit avec un poste de travail à distance pour économiser la bande passante ou en mode web, comme le permettent de plus en plus d’applications modernes.

Plusieurs établissements éloignés de plusieurs dizaines, centaines ou milliers de kilomètres.

Cette configuration est souvent propre aux multinationales et aux entreprises ayant plusieurs agences réparties sur un territoire donné. Elle appelle une analyse plus poussée de l’architecture. Il est en effet possible qu’au-delà des questions de sécurité ou de disponibilité de connexion, l’architecture soit organisée en moyeu-satellite et qu’un seul point d’accès internet soit offert au niveau du moyeu. Nous avons alors un goulot d’étranglement de l’accès à internet qui va rendre une solution cloud plus complexe à mettre en œuvre.

Comme j’ai plaisir à le répéter aux clients : si le cloud public était la panacée, on n’aurait pas inventé le cloud hybride ! Chaque situation étant unique, elle appelle une solution unique. Cependant, Occupez-vous de la question des employés mobiles si vous voulez en améliorer la productivité. Et là, les technologies cloud n’ont généralement pas d’égales et peu de comparaisons possibles avec l’établissement de connexions spécialisées ou d’un réseau privé virtuel.

Conclusion

Pour clore ce sujet sur la bande passante, l’expérience m’a montré quatre points essentiels :

  • Menez une étude approfondie de l’infrastructure réseau. Vous en comprendrez les flux et identifierez les potentiels goulots d’étranglement. Ne vous lancez pas dans un projet de cloud public avant d’avoir mis à niveau la topologie du réseau et en particulier son routage.
  • Les services utilisés guident la bande passante nécessaire. Les prestataires de service la sous-dimensionnent toujours. Multipliez par deux et vous ne serez pas éloigné de la réalité !
  • Menez une étude approfondie des flux réseaux et internet avant de vous lancer dans la mise en œuvre de services cloud. Toutes les organisations sont différentes et aucune préconisation toute faite ne peut se révéler être la vérité vraie.
  • La solution est toujours hybride, à moins d’avoir une vraie vision pure du cloud public et de vouloir s’y jeter à 100%. La connexion au centre de données devient alors le point critique à étudier.

Vous trouverez plus de détails dans mon livre Cloud Hybride, Public et Privé au chapitre 5 Bonnes pratiques.

Photo de Thomas Jensen, rawpixel sur Unsplash

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