Mais au fait. Le cloud hybride, c’est quoi ?

Le cloud tout le monde en parle, tout le monde l’utilise, mais il s’agit généralement implicitement du cloud public. Quelle(s) différence(s) entre cloud public et cloud hybride ? Nous avons vu dans un précédent article les cinq caractéristiques du cloud. Elles sont importantes car elles permettent de savoir si un centre de données définit un cloud ou non. Sans l’adhérence à ses cinq caractéristique, un centre de données ne peut pas se dire comme définissant un cloud privé, communautaire, public ou hybride. Ce n’est qu’un centre de données.

Une fois de plus, Le NIST (National Institute of Standards and Technology) vient à notre secours pour définir les types de cloud. Il en définit quatre, aussi appelées modèles de déploiement : privé, communautaire, hybride et public. Pour des questions de simplification, je ne fais pas de distinction entre le cloud privé et communautaire. La raison en est simple : le cloud privé est limité à une organisation, le cloud communautaire à un ensemble limité d’organisations dont les besoins sont généralement partagés, qui se connaissent toutes et n’ont pas de challenges de confiance. Regardons-en les caractéristiques.

Cloud Privé

Le cloud privé est, comme son nom l’indique, réservé à une organisation unique. Quelle(s) différence(s) alors entre centre de données et cloud privé ? Elles concernent la gestion et l’utilisation des ressources. Un centre de données contraint par des limites en personnel ou en matériel ne peut pas se prétendre être un cloud privé et de ce fait des avantages qui y sont affairant. Cela peut paraitre anecdotique, mais il n’en est rien, car tout dépend de qui détient le pouvoir.

Dans le cas d’un centre de données traditionnel, le pouvoir est entre les mains de celui qui l’exploite. Dans le cas d’un cloud privé, il est entre les mains de celui qui l’utilise. Certes celui qui l’exploite peut décider d’arrêter ou de modifier son fonctionnement, mais cela serait aller contre son contrat de service. A partir du moment où il y a contrat de service, le pouvoir passe entre les mains de l’utilisateur. Et c’est, à mon avis, ce qui fait la différence entre centre de données traditionnel et cloud privé.

La distinction est d’autant plus importante qu’à partir du moment où l’on souhaite mettre en œuvre une stratégie de cloud hybride, il convient de commencer par analyser son propre environnement. Charité bien ordonnée commence par soi-même ! Sans cloud privé, pas de cloud hybride possible. Une fois encore cela peut sembler anecdotique, mais les nombreuses expériences douloureuses de mise en œuvre de cloud hybride m’ont apprise que tout commence toujours par appliquer à soi-même les caractéristiques du cloud avant de vouloir passer à l’étape suivante.

Cloud public

Le cloud public est généralement celui auquel on fait référence par défaut quand on évoque le « cloud ». Le ou les centre de données offrant les services de cloud public sont généralement situés loin de l’utilisateur final, parfois dans des lieux inconnus et très éloignés. Office 365 ou Azure de Microsoft, Amazon Web Services ou IBM Watson sont, par exemple, des clouds publics, à vocation grand public. Gmail, OneDrive et WhatsApp en sont également, mais plus à vocation grand public. Les différences entre ces services tiennent cependant à leur intégration potentielle sous forme de cloud hybride, comme nous allons le voir un peu plus loin.

Une des caractéristiques principales d’un cloud public est son partage par un grand nombre d’utilisateurs. On parle alors de « multi-tenant », c’est-à-dire d’une infrastructure matérielle et logicielle partagée par l’ensemble des utilisateurs.

Il existe des « barrières logicielles » entre chacun des utilisateurs du cloud public afin que monsieur X n’ait pas accès aux données de madame Y, mais la totalité de l’environnement matériel (et cela va bien au-delà des serveurs ou de l’infrastructure réseau) est entièrement gérée par le prestataire de service. La garantie de service est alors primordiale.

Cloud hybride

Le cloud hybride, c’est s’appuyer sur le meilleur des deux mondes : mettre en œuvre un cloud privé et déplacer certaines charges de travail vers un cloud public, tout en administrant l’ensemble des services de façon homogène.

Alors quel intérêt me demanderez-vous ? Le premier est la souplesse. Vous utilisez une infrastructure, une plateforme ou des services publics quand votre infrastructure, votre plateforme ou vos services privés ne permettent pas la mise en œuvre de ce dont vous avez besoin. Choisissez, par exemple, de migrer votre messagerie vers un cloud public tout en conservant vos services de serveurs de fichiers dans votre cloud privé. Vous pouvez aussi utiliser des services d’intelligence artificielle dans un cloud public. Vous conservez alors vos données dans votre cloud privé tout en utilisant les fonctions et la puissance de calcul du cloud public.

Le second intérêt est la croissance. Vous pouvez vous trouvez contraint par votre infrastructure privée tout en ayant besoin de plus de puissance de calcul, de stockage ou de services dont vous ne disposez pas en local, afin de répondre à la demande de vos utilisateurs. Au lieu de tout révolutionner ou d’attendre des semaines ou des mois la capacité nécessaire, un cloud public peut vous proposer la solution.

Maintenant, si sur le papier le cloud hybride semble une solution idéale, il n’est pas toujours simple à mettre en œuvre. En effet, de nombreuses questions vont vite se poser, à commencer par l’authentification et la sécurité. Ensuite la gestion de l’ensemble de ses services. Il est toujours possible de bricoler, mais mettre en œuvre une solution professionnelle, transparente pour l’utilisateur final est souvent plus complexe qu’il n’y parait. Il est donc primordial de prendre le temps de faire un tour complet de l’expérience utilisateur et de n’accepter aucun compromis sur la sécurité, au risque d’introduire des failles potentielles dans votre système.

Nous reviendrons sur les écueils des clouds hybrides dans de futurs articles. N’attendez cependant pas. Le futur est en marche et il devient le présent à grande vitesse. Le cloud hybride est une solution intéressante, économique et adaptée aux nombreux challenges des organisations. Il résout les questions de souverainetés de données et permet parfois, comme dans le cas du RGPD, de répondre rapidement à des questions de conformité. Bon travail !

Photo par Graeme Worsfold sur Unsplash

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