Aujourd’hui, l’intelligence artificielle, à quoi ça sert ?

C’est le sujet qui fait le « buzz ». L’IA (Intelligence Artificielle) par-ci, l’IA par-là, il ne semble y en avoir que pour l’IA en ce moment. Bon, il faut dire que le sujet est fascinant et riche de promesse. Mais au fond, l’IA, à quoi ça sert aujourd’hui ? La bêtise naturelle, tout le monde connait et y a, plus ou moins, été exposé. Mais l’intelligence artificielle, tout le monde en parle sans vraiment savoir ce qui se cache derrière ces deux mots et en tout cas en véhiculant de nombreux fantasmes.

Capteur visuel de HAL. HAL observe l'activité dans le vaisseau grâce à des caméras, renvoyant une couleur rouge et donnant l'impression d'un œil.Dans le film de Stanley Kubrick, 2001 l’odyssée de l’espace, l’ordinateur de bord du vaisseau spatial, HAL 9000 (appelé CARL 9000 dans la version français, ce qui est ridicule, HAL étant un « jeux de mot » sur l’acronyme d’IBM, puisque HAL est formé par le décalage alphabétique d’une lettre vers l’arrière de chaque lettre d’IBM, H précédant I, A précédant B et L M) et, est une forme d’intelligence artificielle. Il est en fait un membre d’équipage, presque comme les autres. On lui parle, il répond, il raisonne et en plus, il s’occupe de tout le vaisseau. Jusqu’au moment, où il refuse d’ouvrir un sas d’entrée à un membre d’équipage, car il a fini par comprendre que les hommes veulent le déconnecter. C’est la singularité évoquée par feu Stephen Hawking et Elon Musk : l’ordinateur devient plus intelligent que l’homme et décide d’éliminer ce dernier qu’il voit, non plus avec respect comme son créateur, mais comme son ennemi. Et voilà comment dans l’inconscient collectif l’ordinateur intelligent s’est construit et est toujours présent.

Pourtant, s’il y a de fortes chances que nous arrivions à une IA qui lira sur nos lèvres, analysera nos sentiments en temps réel et répondra à nos interrogations avec brio, nous n’y sommes pas encore. Cependant, les IA ont envahi notre quotidien sans que nous nous en soyons aperçu. Elles sont partout derrière les sites internet et les applications que nous utilisons au quotidien. Elles analysent nos actions, suivent nos pérégrinations numériques et construisent leurs modèles comportementaux. Mais que sont-elles réellement ?

Pour le moment, les IA sont « étroites », c’est-à-dire qu’elles se focalisent sur une tâche particulière. Par exemple : analyser les visages dans une photos, reconnaitre l’intonation d’une voix ou lire un texte et en comprendre le sens. Elles savent agir sur les moteurs et les commandes d’une voiture ou d’un avion en fonction de contraintes variées. Elles peuvent aussi faire des recommandations en fonction de choix et d’événements historiques. En règle générale, on peut dire qu’une IA est souvent meilleure qu’un être humain pour des tâches logiques et répétitives qui ne font pas appel à la créativité. Car, c’est là, en tout cas aujourd’hui, que le bât blesse. Si une IA est capable d’imiter Rembrant à la perfection, elle ne sait faire que ça. Cette même IA ne saura ni composer de la musique, écrire un poème ou sculpter le marbre. On est donc dans des processus assez « étroit », mais certes pas dépourvu d’intérêt.

CouvertureAlors, où sont ces intelligences artificielles ? Dans les labos de recherche, bien sûr, mais surtout dans les centres de données du cloud : de Microsoft à Alibaba en passant par IBM, Google et Amazon. J’y ai consacré une annexe de mon livre Cloud privé, hybride et public. On peut regrouper les IA étroites utilisables par tout un chacun aujourd’hui sous 7 catégories distinctes :

  • Analyse d’image fixe
  • Analyse de vidéos
  • Reconnaissance et synthèse vocale
  • Recherche
  • Recommandation
  • Robots conversationnels
  • Apprentissage

Chaque service existe plus ou moins développé chez les grands fournisseurs de cloud et peuvent être agrégés pour fournir des services complexes. Par exemple, lier reconnaissance d’image et synthèse vocale va permettre de décrire une scène à un aveugle. Analyser une image et en passer le résultat à un robot conversationnel (chatbot) d’assurance va permettre d’estimer les travaux d’un dégât des eaux. Ou encore, analyser des images de cellules cancéreuses et apprendre à mieux les détecter. Petit à petit, ces services sont inclus dans les applications de nos smartphones et de nos ordinateurs. Certains vont d’ailleurs être inclus à ces appareils, fournissant des IA sur les bords du cloud, au lieu d’aller les chercher dans les centres de données. Dans les années à venir, avec le déploiement du haut débit de type fibre, 5G ou satellite, et la multiplication de la puissance de calcul grâce a l’informatique quantique, ces services sont devenir tellement présent qu’ils seront perçus comme naturels et indispensables. Ils vont bouleverser le monde. C’est pourquoi Klaus Schwab, le fondateur du forum de Davos, parle de « quatrième révolution industrielle ».

Crédit photo Franck Veschi sur Unsplash, Cryteria — Travail personnel, CC BY 3.0, wikimedia

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